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European Union and Citizens

Antonio Vitorino and Pascal Lamy quoted in Le Monde about the immigration in Europe

on October 17, 2013, 11:46
Mentions - António Vitorino and Pascal Lamy
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Antonio Vitorino, our president and Pascal Lamy, our honorary president, are quoted by Le Monde in an article entitled "Lampedusa, hostage of the populists" dealing with the immigration in Europe.
 

Lampedusa, otage des populistes

 

C'était en juillet, le pape se rendait à Lampedusa : "Notre société a oublié ce que signifie pleurer et faire preuve d'empathie. C'est la mondialisation de l'indifférence qui a emporté notre capacité à ressentir", exhorta François. C'était avant la saison des naufrages, lorsque les migrants prennent le large sur des embarcations de fortune pour rejoindre l'Europe non promise. Quelques centaines de noyés plus tard, les Européens battent leur coulpe. Après le drame de Lampedusa, le 3 octobre, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, est allé s'incliner devant les cercueils des naufragés.Au lendemain du drame, François Hollande a débuté son entretien au Nouvel Observateur par une réponse obligée à une question obligée sur Lampedusa, avant de passer au sujet du jour : "Comment combattre les populismes". Cachez ces noyés qui font l'affaire des Le Pen et consorts.

Marine Le Pen le sait, qui avait donné sa version de l'amour du prochain en se rendant à Lampedusa en pleine campagne électorale de 2012. "J'ai beaucoup de compassion pour vous, j'ai aussi du coeur, mais l'Europe n'a pas la capacité de vous accueillir. Nous n'avons plus les moyens financiers", asséna à deux réfugiés la responsable d'extrême droite. Tétanisés, les gouvernements sont plus qu'embarrassés. "Il n'y a pas de solution magique", concède-t-on à l'Elysée, alors que M. Hollande veut saisir le Conseil européen des 24 et 25 octobre.

Revenons aux faits. Les victimes du double naufrage de Lampedusa venaient de la Corne d'Afrique et de Syrie. L'ex-directeur général de l'OMC Pascal Lamy démine le fantasme d'une invasion du Sud après l'échec des révolutions arabes : "L'origine de ces expulsions,c'est le désastre de certains Etats faillis, l'Erythrée, la Somalie, le Sud-Soudan et la République du Congo. Mais ce n'est pas l'Afrique, cela. L'Afrique se développe, avec une croissance de 6 % à 7 %. On donne l'impression que la rive sud de la Méditerranée est un gigantesque déversoir d'un continent pauvre qui rêve de venir chez nous."

Ce constat ne donne pas la clé pour endiguer la vague des demandeurs d'asile – 330 000 dossiers déposés en Europe en 2012 –, qui est loin d'être une déferlante (0,065 % de la population européenne). La "meilleure coopération avec les pays d'origine", prônée par François Hollande, semble illusoire. Impossible de passer avec le non-Etat d'Erythrée des accords de développement ou de réadmission, comme le fit l'Espagne avec les pays du Sahel pour éviter les drames au large des Canaries ou dans le détroit de Gibraltar.

Rapprochons-nous et négocions avec les pays de transit. L'Espagne puis l'UE ont réussi à le faire avec le Maroc. Mais le chemin en provenance d'Erythrée passe par la Libye. Ce week-end, le sénateur (UMP) Philippe Marini a écrit sur Twitter : "L'afflux des réfugiés africains à Lampedusa, et bientôt chez nous, me fait regretter la disparition du régime de Kadhafi en Libye", qui ferma les portes de l'Europe moyennant finances. M. Marini fait la chasse au FN plus qu'aux clandestins. Il n'apporte pas de solution.

Reste la mer, cruelle : les Européens ne veulent plus voir de noyés. Ils vont donc renforcer les patrouilles maritimes (Frontex) et les observations aériennes (Eurosur). Il s'agit de couper les filières maritimes – les Canaries, Gibraltar, la mer Egée, Lampedusa –, d'ériger des murs comme l'ont fait les Espagnols dans leurs enclaves au Maroc de Ceuta et Melila ou les Américains à la frontière mexicaine. "Si vous ne contrôlez pas la Méditerranée, vous rendez la vie des passeurs et des trafiquants encore plus facile. Désolé, cela ne fait pas très à gauche, mais c'est la réalité", juge l'ex-commissaire européen, le socialiste portugais Antonio Vitorino. Ce n'est pas l'avis de Claire Rodier, membre du Gisti, le Groupement d'information et de soutien des immigrés. "Plus il y a de contrôles, plusle marché pour les passeurs est fructueux. En Libye, ils doivent se frotter les mains", assure-t-elle.

Moralement, il est curieux, si ces migrants sont de vrais réfugiés, de les empêcher de rejoindre l'Europe. Le droit de la mer pose aussi mille soucis. Une barque de clandestins – susceptibles de poursuites en Italie ainsi que ceux qui les aident – se transforme facilement en radeau de naufragés dont l'accueil est obligatoire : il suffit que le passeur ouvre une voie d'eau dans l'esquif à l'arrivée de la police des mers.

Voici nos clandestins en Europe. Ils doivent demander l'asile dans le pays où ils ont posé le pied, en vertu des accords de Dublin. L'ex-ministre des affaires étrangères Hubert Védrine suggère de ne pas réformer le droit d'asile régi par la convention de Genève de 1951 : en période de populisme, ce serait risquer une remise en cause de tout le dispositif. Toutefois, celui-ci est dévoyé. Les réfugiés choisissent leur terre d'asile en fonction de l'accueil dont ils rêvent, des familles qu'ils espèrent rejoindre et des chances de réponse positive. Comment les critiquer, alors que 99 % des demandes en Grèce sont rejetées, tandis qu'elles sont acceptées à 39 % en Suède et à 14 % en France (26 % dans l'UE) ?

En première ligne, les pays du Sud demandent un "partage du fardeau", mais ceux du Nord ont fait leurs comptes. L'Italie n'a recueilli que 15 000 des 330 000 demandes d'asile, tandis que 70 % des réfugiés ont choisi l'Allemagne, la France (60 600 demandes), la Suède, le Royaume-Uni et la Belgique. Chacun entend rester maître chez lui. "Répartir les réfugiés, ce serait créer un appel d'air pour les filières d'immigration. Et créer un appel d'air pour tous les populismes", explique-t-on à l'Elysée. La messe du Conseil européen est dite.

 

Arnaud Leparmentier

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